Bougez avant qu'il ne soit trop tard !


Comment ce monde peut-il changer si les adultes d’aujourd’hui suivent le chemin de leurs ainés ?

Lorsque j’essaie de me poser un peu hors du travail et de l’association Po’oz, je ne sais pas perdre mon regard sur le monde qui m’entoure. Alors je plonge dans les rayons documentaires de la Médiathèque et j’écoute, je regarde la vie de ces petites fourmis humaines que ceux qui ont tout en quantité suffisantes oublient trop souvent, j’essaie de comprendre comment, pourquoi.

Je me suis intéressée au travail, de la fermeture des usines textiles en Europe, avec le désespoir des ouvrières le dernier jour de travail et en face, de l’autre côté de la planète celui d’indonésiennes, exploitées d’une manière presque inimaginable pour fabriquer pour tellement moins cher mais pour vendre tout aussi cher qu'avant.

Si la majorité d’entre nous continue, souvent parce que c’est confortable, de cautionner ce système, ça ne risque pas de changer. Bien sûr, il y a ceux, hélas de plus en plus nombreux, qui n’ont pas l’argent suffisant pour se fournir ailleurs que chez les marchands à bas prix, à piètre qualité aussi.

Mais il y a tout ceux qui pourraient faire autrement mais qui ne le font pas, fermant hypocritement les yeux sur ce qui se passe ailleurs sur la même planète.

Je me suis intéressée au témoignage de ceux qui arpentent les rues de Calais et alentour. Comment tous ces pays que l’on dit riches et qui le sont, peuvent-ils ignorer d’autres humains, stigmatisant ces populations, les réduisant à passer leur temps à fuir le gendarme et à chercher de quoi survivre, rêvant tout simplement, d’une vraie vie, plus de survie.

Comment peut-on penser qu’ils vont rester « civilisés » ? Comment peut-on imaginer que leur comportement ne va pas dégénérer ? Le pouvoir public fabrique avec sa rigidité, sa vision si financière, commerciale du monde, ce qui explose dans des villes comme Calais, et qui provoque la colère des uns, le désespoir des autres et des situations totalement inhumaines. Calais en France est là pour nous rappeler tous les camps de réfugiés du monde, sur lesquels on ferme trop vite les yeux, encore une fois, hypocritement.

Comment changer le monde ? En commençant par changer soi-même, à sa petite échelle. En s’interrogeant sur l’égoïsme qui pousse à ne penser qu’à son confort, à ne pas se demander s’il n’est pas déjà bien suffisant ? Et si vraiment on ne pourrait pas partager un peu ?

J’avoue avoir été choquée par le discours de certains retraités, pas les plus pauvres, bien sûr. « J’ai travaillé pour recevoir, c’est mon dû ! » avec le sous-entendu « que les suivants « crèvent », moi je veux ».

Certains retraités vivent avec l’équivalent du RSA, mais ce n’est pas ceux-là que l’on voit protester, manifester. Et c’est bien triste ! La solidarité ne semble pas faire partie de leur vocabulaire. 1200 euros de retraite, ce n’est pas beaucoup, mais vivre avec le RSA ce n’est pas faisable et bien des salariés ne gagnent pas au moins 1200 euros en France à ce jour !

Ma génération, elle, devrait connaitre ce mot « solidarité », elle qui a grandi avec comme démarrage le choc pétrolier des années 70, celle qui suit aussi qui était jeune adulte dans les années 80-90. Et bien non ! L’hypocrisie règne en maître ! On entend pas, on ne voit pas, et surtout on ne partage pas !

Nous pillons la planète, nous exploitons les enfants dans les mines de minerais rares en Afrique et nous fermons les yeux pour acheter cet hiver le dernier mobile à la mode. Et je suis certaine d’en voir passer bientôt beaucoup sur les réseaux sociaux tout fiers de leur dernier bijou si cher et si inutile !

Je suis porte-parole de Po’oz, dont j’entends et à raison dire qu’elle a de beaux projets, qu’ils méritent d’aboutir. J’entends les mots mais je vois si peu de gestes.  Bien sûr, des appels à dons, il y en a de partout. Mais donnez-vous tant que ça ?

Nous agissons dans un univers dans lequel pour espérer obtenir un don il faut presque passer un diplôme en marketing et vente ! Vous trouvez ça normal ? Il faut une stratégie, convaincre le donateur, etc. Je connais peu d’associations qui ont les moyens marketing de celles qui récupèrent le plus d’argent, ni les moyens d’Apple pour vous faire acheter le dernier IPhone !

Combien font zapper bien vite les appels à l’aide pour se pencher sur le projet de vacances prochaines ? L’achat d’un nouveau et inutile meuble ? Le changement de voiture (bien sur acheter du neuf, encore pour produire, encore produire en saignant les ressources de la planète et jetant à tour de bras est un geste porteur d’avenir, c’est certain !)

Ce monde va mal parce que l’égoïsme humain va bien, trop bien. Il n’y a pas que le réchauffement climatique et les atermoiements de Mr Trump, il y a la mentalité de tous les nantis, même s’ls pensent qu’ils n’en ont jamais assez, à changer.

Et j’ai la chance de pouvoir, pour le moment encore, me considérer comme nantie, parce que mes enfants ne manquent pas de l’essentiel. Cela ne m’empêche pas de partager et de leur avoir transmis cette valeur essentielle à la vie, à la survie d’une espèce : la solidarité. C’est parce qu’elle en manque que l’espèce humaine va mal.

Posez-vous et posez-vous un instant la question : Combien de causes pourriez-vous aider que vous n’aidez pas ? De combien de choses pourriez-vous vous passer pour vous regarder en étant un peu plus fier de vous le matin dans le miroir ? Allez-vous tant manquer de donner ?

Il y a un précepte chrétien qui dit « donne et tu recevras ». Je suis certaine qu’on le retrouve dans bien des religions. On les décrie ces religions, mais on en oublie la morale, pas si mauvaise la morale. C’est bien plus simple de jeter le tout que se dire que l’on pourrait peut-être en garder quelques très bonnes bases.
Les humains pour beaucoup et surtout dans cette partie du monde où trop de choses abondent, même si la part des plus pauvres augmente dramatiquement, ici comme ailleurs, sont lassants. Ils savent demander l’aide, mais ils ne font pas grand-chose pour aider, donc s’aider à façonner, pour eux et leurs enfants, un monde meilleur. Ils réclament attention, support, aide, mais ils vous font passer petit à petit l’envie de la leur apporter.

Sortez humains, de votre égoïsme, donnez l’exemple aux générations futures avant que leur terre ne soit plus qu’un amas de résidences entourées de barbelés, protégées, fermées, avec autour la horde des crève la faim !

C’est vraiment ainsi que vous le voulez le monde de vos enfants ? Non ? Eh bien, regardez bien, parce qu’il fleurit déjà. Comment l’éviter ? Responsabilité, Solidarité, Partage, trois petits mots, si lourds, si lourds de sens, si lourds de devoir ? Non, si porteurs de fierté et de liberté !

Lumière sur cette étrange planète avant qu’elle ne sombre !Mao

Commentaires

Articles les plus consultés